Course Lore : Quelques mythes qui circulent concernant Un cours en miracles
Fausses conceptions courantes et leur correction

par Robert Perry

Cet article a paru dans le numéro 132 du bulletin du Circle of Atonement, « A Better Way », pour décembre/janvier 2015

Le mois dernier j'ai terminé l'enseignement de notre premier cours pour animateurs de groupes d'étude. Une des leçons avait comme sujet ce que nous, au Circle, appelons « Course lore (mythes au sujet du Cours) », c'est-à-dire des idées dont on parle tellement qu'on finit par croire qu'elles se trouvent dans le Cours, alors qu'elles n'y sont pas. Le texte que j'ai distribué aux participants à ce sujet fut accueilli avec un enthousiasme tel que j'ai décidé d'en parler dans notre bulletin.

Cela peut paraître contre-productif et prétentieux, surtout dans des milieux de spiritualité, de passer du temps à corriger de fausses idées. Pourtant ces malentendus très courants arrivent malheureusement à déformer le message du Cours dans ces fondements au point où nos idées n'ont pas grand' chose à faire avec ce livre.

Un aperçu rapide des quelques thèmes qui apparaissent souvent dans les mythes au sujet du Cours nous montrera ce que j'entends par une déformation du message. Ces mythes ont tendance à être narcissistes, alors que le but du Cours est d'éliminer notre égocentricité; ils parlent souvent contre la religion traditionnelle, alors que beaucoup de ce que disent le christianisme et la Bible est confirmé par le Cours; ils se positionnent contre l'autorité, alors que le Cours est empli d'un esprit d'autorité bienveillante; et ils s'opposent au travail et à l'effort, alors que le Cours nous demande beaucoup d'effort et de discipline. Il en résulte qu'une personne influencée par ces fausses idées pourrait très bien être en train d'étudier un tout autre livre.

Il est donc vraiment nécessaire d'aborder ces fausses conceptions et j'espère que le texte qui suit va clarifier et approfondir votre compréhension de Un cours en miracles.

Cinquante fausses idées concernant Un cours en miracles

1. Ne prends pas ce livre trop au sérieux. C'est juste pour s'amuser. D'ailleurs Le cours nous dit lui-même « d'oublier ce cours ».

Le Cours semble se prendre très au sérieux. Il dit : « Ecoute et entends cela attentivement, et ne pense pas que ce ne soit qu'un rêve, une pensée en l'air pour te divertir ou un jouet que tu ramasserais de temps à autre puis mettrais de côté.» (T-20.II.6.6). Aussi la phrase « Oublie ce cours » (L-pI.189.7:5 ) est une consigne qui ne concerne que la méditation et non pas notre regard général envers le Cours.

2. Nous sommes tous à la fois des enseignants et des
élèves les uns pour les autres. Le Manuel ne parle pas de
vrais enseignants. Nous sommes tous des enseignants pour
Dieu.

Il est vrai que le Cours dit que nous enseignons les uns aux autres et apprenons les uns des autres, mais il dit clairement aussi que ce que nous enseignons et apprenons la plupart du temps est de l'ego. Nous ne sommes pas tous, pas encore, des enseignants pour Dieu. Le Manuel décrit les enseignants pour Dieu comme étant des personnes qui ont suivi un processus afin de devenir qualifiés (M-1.1) et qui sont plus avancés dans le temps que leurs élèves (« seul le temps sépare enseignant et élève – M-29.1:4) et qui, en termes de la population générale, sont « très peu » (M-12.3:3).

3. Le Cours, comme tout le monde le sait, est à étudier seul.

Jésus n'a jamais dit que son Cours était à étudier seul, ni dans le Cours même, ni dans aucun autre texte dicté à Helen Schucman. Chaque fois qu'il parle de nouveaux élèves d'Un cours en miracles (M-24.3, M-29.1-2), il les dépeint comme élèves d'un enseignant du Cours, c'est-à-dire d'un mentor. Il fait comprendre même que cet enseignant doit discerner (en demandant d'être guidé) si l'élève en question est vraiment prêt pour le Cours (M-29.1:5 – 2:7). Ce n'est pas ça qu'on appelle de l'étude solitaire.

4. Nous ne devrions pas adhérer avec précision à ce que dit le Cours. Essayer de suivre le Cours à la lettre relève du fondamentalisme.

Partout dans le Cours, Jésus s'attend à ce que nous lisions attentivement ce qu'il dit et que nous y restions fidèles. Il nous dit que le Cours a été « soigneusement planifié » (T-12.II.10.1 et L-pl.20.1:3). Une fois il avertit Helen et Bill de « prendre garde à l'interprétation de ceci ». Il leur conseilla même de tout « relire soigneusement ». Si nous prenons Jésus au sérieux en tant qu'enseignant, il est naturel de le suivre attentivement. Quand on suit un guide sur le chemin d'une montagne inconnue, on écoute attentivement ses instructions, on s'assure de les avoir bien comprises et on les suit.

5. Être un élève du Cours ne veut pas dire que je travaille chaque jour avec ce livre. Cela veut plutôt dire que je crois aux principes de base, lesquels je peux même apprendre par d'autres personnes qui lisent le livre.

La structure même du Livre d'exercices des étudiants implique que nous avons besoin d'une interaction quotidienne entre le livre et notre vie, sinon nous finissons par suivre un curriculum que nous avons-nous-mêmes établi. A cause de notre folie, le Cours dit qu'il ne serait pas sage de concevoir nous-même notre curriculum : « Tu ne te tournerais guère vers eux [mauvais apprenants] pour établir le curriculum par lequel ils peuvent échapper de leurs limitations. » (T-12.V.5:6). Nous avons besoin du Cours pour nous rappeler la vérité que nous oublions trop facilement : « Tu as besoin d'entendre la vérité à ton sujet aussi fréquemment que possible, parce que ton esprit est tellement préoccupé de fausses images de soi.» (L-pl.67.5:2).

6. La meilleure façon de faire le Livre d'exercices est de tout bâcler puis de se pardonner. Quand on essaie de suivre les consignes, on le fait par un désire malavisé de suivre une quelconque autorité divine et ça devient simplement un rituel.

L'attitude exprimée par le Livre d'exercices est à l'encontre de cette idée. Il nous demande de faire les exercices « le plus etroitement possible » (L-pl.rIII.In.1.3). Nulle part il ne dit que faire ainsi fait du Livre d'exercices un simple rituel. Il ne nous enjoint qu'une fois de nous pardonner si nous manquons une période de pratique (L-pl.95.8:3) et explique que ceci est important afin de nous permettre de retourner immédiatement à notre pratique.

7. Il n'y a pas qu'une bonne interprétation du Cours. On devrait soutenir toutes les interprétations. Chercher la 'bonne' relève d'egos qui veulent avoir raison.

Malgré le fait que nous sommes tous faillibles et cheminer vers la bonne interprétation est un processus, Jésus prend vraiment à cœur que nous comprenions le Cours dans le sens qu'il l'a entendu. Il le considérait clairement comme « étant ouvert à une seule interprétation » (commentaire fait à Helen). D'un bout à l'autre Jésus semble dire que l'ego est constamment en train d'essayer de déformer ce qu'il nous dit. Comme contrepoids à cette tendance, il nous conseille à ne jamais lire le Cours « à la hâte et faussement. » (M-29.7:3) et à apprendre « à voir ces sottes applications (les déformations faites par l'ego de certains passages du Cours) et nier la signification qu'elles semblent avoir. » (L-pl.196.2:4).

8. Chaque fois que nous commençons à parler de différents points de vue, nous sommes dans l'ego. La vraie bonne manière de répondre hors de l'ego à ces questions de différences dans les interprétations, c'est de les ignorer.

Jésus lui-même s'est adressé aux différences qui existaient entre son enseignement et celui de Freud, d'Edgar Cayce et du Nouveau Testament. Il le fit, cependant, toujours de manière gracieuse, prenant soin d'affirmer en même temps les points où ils étaient en accord. Plutôt que de tourner le dos sur ces questions, pourquoi ne pas chercher ensemble le vrai message du Cours ? « Or là où deux ou trois se joignent pour chercher la vérité, l'ego ne peut plus défendre son manque de contenu. » (T-14.X.9:6).

9. Le Cours n'est pas fait pour être étudié, seulement expérimenté. L'étudier ne fait que faire du Cours un exercice intellectuel.

Jésus a dit à Helen et Bill qu'il leur était crucial d'étudier le Cours et crucial aussi pour tous les élèves du Cours : « Bill a été très intelligent dans sa suggestion que vous deux vous donniez comme but d'étudier sérieusement ce cours. Il n'y a aucun doute de la sagesse de cette décision pour tout étudiant désireux de réussir le cours. » L'étude n'est pas une antithèse de l'expérience. Elle est plutôt une porte ouverte à l'expérience et lorsqu'elle est bien faite devient elle-même une expérience.

10. Suivre seulement le Cours relève de la même étroitesse que l'on trouve dans la religion traditionnelle. La vérité est une et donc nous devrions suivre plusieurs enseignements.

Le Cours dit que « tu n'es pas libre de choisir » le chemin qui est désigné pour toi (M-2.3:6), et que si ton chemin est le Cours, « Tu ne te sers pas de ce cours si tu insistes pour utiliser des moyens qui ont bien servi à d'autres, en négligeant ce qui a été fait pour toi » (T-18.VII.6:5). Le Cours est d'accord qu'il existe des milliers de chemin qui mènent à Dieu, mais décrit la réelle vérité au cœur de tous comme étant l'idée que « le fils de Dieu est non coupable » (T-14.V.2 :1 et M-1.3 :5), ce qui est en même temps la façon particulière du Cours de comprendre le salut.

11. Le Cours est si élevé et si unique que si tu trouves une parallèle entre ceci et un autre enseignement, c'est que tu ne comprends pas le Cours.

Jésus fut prompt à faire remarquer à Helen et Bill des parallèles entre son enseignement et d'autres enseignements qu'ils connaissaient déjà, tels que les enseignements de Freud, de Jung et d'Edgar Cayce. Le Cours abonde aussi en références positives à la Bible, comme par exemple : « La Bible t'enjoint d'être parfait, de guérir toutes les erreurs, de n'avoir aucune pensée pour le corps en tant que séparé et d'accomplir toutes choses en mon nom. » (T-8.IX.7:1).

12. Dieu est impersonnel. Il ressemble moins à un Être qu'à une ainsité. Il ne sait même pas que nous sommes là.

Le Cours ne décrit jamais Dieu comme impersonnel. C'est vrai qu'il dit qu'Il n'a pas de forme, mais il Le décrit toujours comme un Soi Qui veut (qui a une volonté), Qui aime et Qui crée. Le Cours parle souvent de notre relation avec Lui (et ce serait difficile d'avoir une relation avec de l'ainsité) et nous dit que tant que nous dormons, Il se sent seul, Il aspire à notre retour, nous appelle à revenir à la maison et nous attend les Bras ouverts.

13. Dieu n'es pas au courant de la séparation. S'Il l'était, cela voudrait dire qu'Il était aussi insane que nous.

Le Cours dépeint partout Dieu comme étant sensible à la séparation, y répondant avec amour, comme par exemple par Sa création de l'Esprit Saint. Ce qui implique, bien sûr, qu'Il était conscient de la séparation, ce que deux passages importants du Cours nous disent clairement. L'un dit que Dieu se rend compte de notre manque de joie provenant de la séparation: « Et cela Il le connaît. Il le connaît en Son Propre Être et son expérience de l'expérience de Son Fils. » (T-4.VII.6:5-6). L'autre dit: « Alors Il a pensé : "Mes enfants dorment et doivent être réveillés." » (T-6.V.1:8).

14. Dieu n'entend pas des prières. Les prières de la deuxième partie du Livre d'exercices ne sont pas faites pour être priées. Ce sont des métaphores.

Le Cours nous dit au moins dix-huit fois que Dieu entend et répond à chacun de nos appels, il ne nous dit pas une seule fois le contraire. Certaines leçons du Livre d'exercices nous disent même que prier Dieu fait partie de notre pratique pour ce jour-là (ex: L-pl.71.9 et L-pl. 140.12). Au début de la première leçon du Livre d'exercices où nous prononçons des paroles en nous adressant à Dieu « Ta grâce m'est donnée. Je la réclame maintenant.», nous lisons « Dieu nous parle. Ne Lui parlerons-nous pas ? » (L-pl.168.1:1-2). En transcrivant les prières de la deuxième partie du Livre d'exercices, Helen les entoura chaque fois de guillemets pour indiquer qu'il s'agissait de paroles à dire.

15. Le Saint Esprit n'est qu'une métaphore pour notre propre mémoire de Dieu. Le Saint Esprit en tant qu'Être crée avec Sa propre conscience, volonté, pensées et sentiments n'existe pas.

Le Cours nous dit au moins dix-huit fois que Dieu a créé le Saint Esprit, Qui est sans exception décrit dans le Cours comme ayant Sa volonté, Ses pensées et Ses sentiments propres. La forme que prend l'Esprit Saint dans le rêve en tant que 'voix' est une illusion (C-6.4:5) qui à la fin disparaîtra (C-6.5 :8), mais Sa réalité en tant que Pur-Esprit créé par Dieu est éternelle. (T-5.1.5 :6-7). Il n'est pas notre « souvenir de Dieu », ce qui est un terme technique qui désigne dans le Cours notre ultime éveil, le moment où Dieu (et non pas le Saint Esprit) nous élève et nous ramène dans la connaissance parfaite.

16. Ce n'est pas important si le Cours a été écrit ou non par Jésus. Cela ne changerait rien si c'était Mickey qui l'avait écrit. Ce qu'il dit reste ce qu'il dit.

Si ce n'était pas Jésus qui avait écrit le Cours, cette revendication de paternité qui sous-tend le Cours entier deviendrait un mensonge, ou du moins une illusion. Par contre, si c'est en effet lui qui l'a écrit, le Cours porte la paternité de la plus grande figure représentant le salut dans l'histoire du monde. Aussi pour ceux qui éprouvent un lien profond avec le personnage de Jésus, étudier et pratiquer le Cours devient une manière de le suivre et d'être très proche de lui. À la fin du Cours il dit qu'en nous joignant à lui dans les exercices sur une année, « nous avons trouvé un but indivisé que nous avons partagé. Ainsi tu t'es joint à moi, de sorte que ce que je suis, tu l'es aussi. » (L-pII.14.2 :2-3).

17. Je pense en effet que c'est 'Jésus' qui a écrit le Cours, mais ce Jésus-là n'a rien à faire avec le Jésus dont on parle dans la Bible.

Le Jésus du Cours, lorsqu'il parle de lui-même, nous fait clairement comprendre qu'il est le même que celui qui figure dans les quatre évangiles du Nouveau Testament. Il parle de sa naissance, de ses miracles, de ce qu'il avait dit, de ses disciples, de sa crucifixion, de sa résurrection et de son ascension. Il est vrai toutefois qu'il amène une rectification à la façon dont la tradition comprend certains passages bibliques, y compris quelques paroles citées dans les évangiles (et dans au moins trois cas, il prétend n'avoir jamais prononcé les paroles qui lui sont prêtées), mais tout cela est tout à fait autre chose que se dissocier du Jésus de la bible. Il situe le Cours, au contraire, comme une continuation de ce que Jésus a commencé lors de son ministère terrestre il y a deux mille ans (C5.5:3-4).

18. Le Cours ne parle pas de notre comportement. Il ne parle que d'un changement dans notre façon de penser. Ne dit-il pas, après tout, que « je n'ai pas besoin de faire quoi que ce soit » ?

Le comportement occupe une très grande place dans le Cours. Même la section intitulée « Je n'ai pas besoin de faire quoi que ce soit » indique que le plan du Saint Esprit pour nos vies comporte beaucoup d' « affaire pressante » (T-18.VII.8:3). Après avoir changé notre manière de penser, nous sommes appelés à offrir des miracles aux autres par notre comportement. Le Cours nous dit que nous devrions « utilise(r) le corps pour cela et seulement pour cela » (T-8.VII.3:3). Cette expression extériorisée d'amour agit comme un nécessaire renforcement à notre changement de penser. On ne devrait donc pas s'étonner que Jésus ait dit à Helen et Bill que, « This course is a guide to behavior (Ce cours est un guide pour notre comportement) ».

19. Le Cours nous avertit de ne pas « rendre l'erreur réelle ». Chaque fois que nous donnons de l'importance à quoi que ce soit dans le monde, nous rendons la séparation réelle.

« Rendre l'erreur réelle », dans le sens de rendre une erreur ou cette erreur-là réelle, n'est à vrai dire pas une expression qui se trouve dans le Cours. Le Cours parle de « rendre l'erreur (en générale) réelle », ce qui ne se rapporte pas du tout à l'idée de rendre la séparation réelle en considérant les choses du monde comme réelles et importantes (ce qui serait le sens de l'expression « rendre une erreur particulière réelle »), mais parle plutôt du fait de rendre les erreurs de notre frère réelles en les voyant comme de vrais péchés avec de vrais effets ou conséquences. Cette idée clé du Cours a malheureusement été quasi remplacée par sa version déformée (l'idée de rendre l'erreur du jour de notre frère réelle).

20. « La confusion des niveaux » c'est penser que la maladie, la guérison, le miracle, l'instant saint, la relation sainte, le pardon et le salut ont quoi que ce soit à faire avec le corps ou le monde.

Il est malheureusement difficile d'identifier exactement ce que veut dire « confusion des niveaux », car la plupart des passages y référant ont été supprimé du Cours publié par la Foundation for Inner Peace pendant l'édition qui préparait la première version commercialisée. Les « niveaux » dans une « confusion de niveaux » sont le niveau du pur esprit et le niveau physique et l'expression « confusion de niveaux » se réfère au fait de donner faussement les attributs d'un de ces niveaux à l'autre. Elle est le plus souvent utilisée pour exprimer l'idée erronée de pouvoir trouver au niveau physique les attributs du niveau spirituel, tel que le bonheur, l'identité, la réalité et le chez soi. Cependant, le fait de ne pas trouver ces notions au niveau physique ne veut pas dire que la guérison, le miracle, la relation sainte et le salut n'ont rien à faire avec le monde. Nous les trouvons dans notre expérience physique par des activités et des interactions dans le monde qui à leur tour génèrent des effets dans le monde.

21. À chaque fois que le Cours semble dire que la dualité ou la séparation sont réelles, nous pouvons être sûrs qu'il parle sous une forme métaphorique. Il nous raconte un conte de fée pour nous protéger de son vrai enseignement qui est radical.

Littéralement, il n'y a pas la moindre suggestion de ce point de vue dans le Cours. Une telle perspective nous donnerait la liberté to reformer le Cours en étiquetant une bonne partie de son message comme de la simple métaphore. Au contraire, le Cours utilise un minimum de symbolisme parce que, comme Jésus a dit une fois à Helen, « symbolique » veut dire « ouvert à plusieurs interprétations différentes. » « Symbolique » est donc le contraire de « clair » et le Cours insiste à mainte reprises qu'il s'agit d'un texte clair, direct et sans ambiguïté, « qui dit exactement ce qu'il veut dire » (T-8.IX.8 :1).

22. Lorsque le Cours nous dit que le monde est une illusion, il parle du monde tel que nous le voyons. Le monde en lui-même, sans nos jugements et nos projections, est réel.

Le Cours nous explique que ce qui est illusoire dans le monde, c'est le changement. Ce qui rend certain que « Dieu ne l'a pas créé (le monde) » c'est qu' « il n'y a rien dans le monde que tu vois qui durera à jamais » (C-4.1:2-3). Ainsi tout ce qui change dans le monde et qui ne dure pas à tout jamais est une illusion qui n'a pas été créée par Dieu. Il y a donc plus que le monde tel que nous le voyons qui n'est pas réel. Rien de ce qui est physique n'est réel, car le changement est au cœur même de tout ce qui est physique. Ce qui est illusoire comprend donc « Les étoiles … nuit et de jour … les marées, les saisons et les vies des homes » (T-29.VI.2:8-9).

23. « Il n'y a pas de monde » veut dire que le monde que nous voyons n'existe pas dans aucun sens du terme. Il n'y a pas eu d'Holocauste. Il n'y a pas de Darfour. Cela ne sert à rien de faire soigner ton chien par un vétérinaire, car le chien n'est pas là. Pourquoi plonger dans une piscine pour sauver un enfant qui se noie alors qu'il n'est pas là.

Du point de vue suprême, le monde n'a jamais eu lieu. Mais ici dans le monde ces événements arrivent et sont arrivés, et la bonne réaction de notre part est d'être aimant, de prendre soin de ces gens et non pas de rester dur et insensible. En parlant du Holocauste dans la dictée d'origine, Jésus dit « J'ai versé bien des larmes à ce sujet » et non pas « Il n'y a pas eu d'Holocauste ». Nous sommes appelé à sauver des gens de la souffrance et non pas de rester indifférents à la souffrance. Le Cours dit qu'à travers nos miracles, ou nos expressions d'amour, nous sommes vraiment capables d'effacer l'apparence d'une tragédie et qu'en enlevant l'apparence physique d'une tragédie, nous prouvons que ces apparences ont dû être irréelles (T-30.VIII.2).

24. Le Saint Esprit n'agit pas dans ce monde. Comment pourrait-Il le faire alors qu'il n'y a pas de monde ?

Le Cours nous parle du Saint Esprit comme étant constamment à l'œuvre dans notre pensée et dans le monde (« Je repose en Dieu aujourd'hui, et je Le laisse œuvrer en moi et par moi, » – L-pl.120.1 :2). Il prépare toutes nos rencontres et élabore « tout ce qui arrive, tous les événements, passés, présents et à venir » (L-pl.135.18:1). Il guidera nos pensées et maîtrisera notre comportement (T-2.VI.1:1-3) et pourvoira même à nos besoins (T-13.VII.12-13). Comment alors pourrait-on dire qu'Il n'agit pas dans le monde ?

25. Le Cours nous apprend à manifester l'abondance. Être pauvre est une expression du « principe de manque ».

Ce serait très étonnant que ce soit le cas, car l'attachement aux choses matérielles, y compris à l'argent, est critiqué d'un bout à l'autre du Cours. Il est vrai qu'il dit que « Il (le Saint Esprit) fournira » nos biens, si nous Le laissons faire, mais il poursuit en disant « sans y mettre la moindre insistance » (T-13.VII.13:2). À vrai dire, Helen a en effet réussi à « manifester » un bijou, une broche florentine en or (Ken Wapnick, dans Absence from Felicity, page 119), cependant cela s'est passé pendant sa « période de magie » et c'est précisément en rejetant cette phase qu'elle a pu recevoir le Cours. Le « principe de manque » est plutôt une croyance en un manque à l'intérieur de nous, que nous essayons de combler de choses extérieures. Ainsi, c'est précisément le fait de faire des efforts en vue de manifester de l'abondance qui serait une expression du principe de manque.

26. Cette personne est mon plus grand maître parce qu'il m'exaspère au plus haut point. Elle est mon sauveur parce qu'elle expose mon ego au grand jour afin que je le lâche.

Ce n'est pas de cette manière que le Cours parle d'un « enseignant » ni d'un « sauveur » (à une exception près). D'après le Cours, un enseignant est quelqu'un qui transmet aux autres le système de pensée auquel il croit et un sauveur est quelqu'un qui étend aux autres le salut qui est en lui. Ainsi mon maître, dans le sens positif du mot, est quelqu'un qui m'enseigne le système de pensée de Dieu. Le Manuel dit spécifiquement que l'enseignant est quelqu'un qui me guide sur le chemin du Cours. Et mon sauveur est quelqu'un qui étend le salut à moi. Plus précisément, il s'agit de quelqu'un que j'ai guéri et dont la gratitude m'éveille à la sainteté en moi.

27. Ma seule responsabilité est d'accepter l'Expiation pour moi-même. Me croire responsable pour d'autres ne fait qu'enlever la responsabilité qu'ils ont de changer leur façon de penser.

D'après le Cours, « La seule responsabilité du faiseur de miracles est d'accepter l'Expiation pour lui-même. » (T-2.V.5:1) parce que le faiseur de miracles est celui qui donne des miracles aux autres et il ne saurait pas donner ce qu'il ne possède pas. Ainsi nous acceptons l'Expiation comme condition préalable au don de miracles aux autres. En ce qui concerne notre responsabilité envers notre frère, le Cours dit que « Tu es responsable de la façon dont il se voit lui-même. » (T-21.VI.7 :5), et « Tu as assumé ton rôle dans sa rédemption et tu es maintenant pleinement responsable envers lui. » (T-17.VIII.5 :5).

28. Il n'y a qu'une personne ici et personne d'autre. « Les autres » ne sont que mes propres projections.

Peut-être bien qu'aucun thème dans le Cours n'est plus important que l'idée que la vraie nature de notre frère est celle d'un Fils de Dieu parfaitement pur, un chef d'œuvre de Dieu, d'une valeur inestimable, égal à nous, méritant tous les égards que typiquement nous avons pour notre propre particularité. « Tout l'amour et tout le soin, la solide protection, la pensée de jour et de nuit, la profonde sollicitude, la conviction puissante que cela est toi, lui appartiennent. » (T-24.VII.2:7). Alors qu'il est vrai que les corps et les personnalités sont des illusions, rien ne pourrait pourtant aller à l'encontre du message du Cours que de faire d'un frère une illusion, c'est-à-dire rien de plus qu'un miroir ou un écran sur lequel des images sont projetées.

29. Pour qu'une relation sainte existe, il n'y a besoin que d'une seule personne. La relation devient sainte quand moi je la vois comme telle.

Toute discussion de la relation sainte, que ce soit dans le Texte dans les chapitres 17 à 22, dans le Manuel ou dans la brochure sur la psychothérapie, présente partout la même idée, celle de deux personnes qui décident d'un objectif commun pour leur relation. Ce but commun invite le Saint Esprit dans la relation et c'est Sa présence, ensemble avec la présence d'un but, qui rend la relation sainte. Si ceci est la seule manière dont le Cours conçoit la relation sainte, ne devrait-elle pas être la nôtre aussi ?

30. Joindre ne veut pas dire que des corps se joignent ni communiquent ensemble. Nous sommes appelés à nous joindre uniquement avec Jésus et avec le Saint Esprit dans notre pensée.

Le Cours utilise le verbe 'joindre' pour parler de deux ou de plusieurs esprits qui se joignent dans un but commun, dans une seule idée. « Quand deux esprits se joignent pour ne faire qu'un et partagent une même idée également, le premier maillon a été fait dans la prise de conscience de la Filialité ne faisant qu'un. » (T-16.II.4:3). Même si cette unification se passe au niveau des esprits, elle sera le plus souvent facilitée par une communication physique (nous devrions voir «  les corps uniquement comme un moyen de joindre les esprits » – T-8.VII.2 :5) et va naturellement mener à une coopération physique – on va co-opérer ou agir ensemble. « Le salut doit renverser la folle croyance en des pensées séparées et des corps séparés, qui mènent des vies séparées et vont séparément chacun sur son chemin. Une seule fonction partagée par des esprits séparés les unit en un seul but, car chacun d'eux est également essentiel à eux tous.» (L-pl. 100.1:2-3).

31. Essayer d'aider les autres ne fait que rendre l'erreur réelle. Tout ce qu'on fait dans ce sens ne traduit que des désirs de l'ego. D'ailleurs pourquoi essayer de servir à l'extérieur de soi alors que le monde n'est pas réel ?

Il me serait difficile de trouver une idée plus en conflit avec le cœur même du Cours. Voici ce que dit Jésus au sujet de nos tentatives d'aider un frère, même lorsque cette tentative, comme souvent dans le monde, est imparfaite et limitée par l'ego : « Rien au monde n'est plus saint que d'aider quelqu'un qui demande de l'aide.  Et les deux s'approchent très près de Dieu dans cette tentative, quoique limitée, quoique manquant de sincérité» (P-2.V.4 :2-3).

32. Nos efforts pour aider les pauvres ou les démunis ne font que renforcer l'idée que ces personnes sont dans le besoin. La meilleure chose qu'on puisse faire pour eux c'est de poser notre regard au-delà de leur manque apparent.

Voir au-delà de ce qui semble être un manque fait partie du processus de guérison. Cela est cependant parfaitement compatible avec le fait d'aussi aider quelqu'un à la manière du monde. Deux anecdotes de l'époque de la genèse du Cours peuvent servir ici à clarifier la position du Cours sur le sujet de l'aide aux pauvres et aux démunis. D'abord l'histoire de la Clinique Mayo, qui fut déterminante dans l'acceptation par Helen de son rôle en tant que scribe du Cours et qui se termina par la décision de Helen et Bill d'aider un inconnu à l'aéroport, décision à laquelle Jésus a répondu en disant, « Ceci est ma vraie église. » Quelques mois plus tard, Jésus a encore fait le nécessaire pour que Bill suive un congrès sur la réhabilitation afin qu'il surmonte sa peur d'aider des personnes au corps brisé, au cerveau endommagé ou à l'ego affaibli. La célèbre prière où l'on demande d'« aider véritablement » (T-2.V(A).18) fut en réalité dictée dans le but que Bill l'amène à ce congrès. Le Cours dit, « Et laisse ta gratitude faire une place pour tous ceux qui s'évaderont avec toi : les malades, les faibles, ceux qui sont dans le besoin et qui ont peur, ceux qui pleurent une perte apparente ou ressentent une douleur apparente, qui souffrent du froid ou de la faim ou qui suivent la voie de la haine et le chemin de la mort. » (L-pl.195.5:2).

33. Ne tombez pas dans l'énorme piège de croire que vous devez « sauver le monde. » Le Cours, après tout, nous dit « de ne pas chercher à changer le monde. »

« Ne cherche pas à changer le monde» (T21.In.1 :7) veut dire que nous ne devons pas chercher à changer les circonstances pour nous arranger personnellement. D'un autre côté, « sauver le monde » est sans équivoque une phrase positive partout où elle se trouve dans le Cours et elle s'y trouve à bien des endroits, (par exemple « Car notre but véritable est de sauver le monde » L-pl.153.8 :2). Nous devons comprendre que nous sommes là non seulement pour notre salut propre : « C'est plus que notre seul bonheur que nous sommes venus gagner. » (L-pl.139.9 :4). Notre véritable but doit inclure tout le monde : « La restauration complète de la Filialité est le seul but de ceux qui ont l'esprit de miracle. » (T-1.VII.3 :14).

34. La seule fonction particulière que j'ai c'est de pardonner et de déposer mon ressentiment. La croyance en un rôle particulier ici-bas qui me serait donné par le Saint Esprit ne vient que de la voix perfide de la particularité.

Le Cours dit « À chacun Il donne une fonction particulière dans le salut que lui seul peut remplir; un rôle juste pour lui.» (T-25.VI.4:2). Voilà ce qu'est ton rôle unique dans le plan de Dieu et qui a été choisi pour toi par le Saint Esprit selon les force spécifiques que tu as : « Voyant tes forces exactement telles qu'elles sont, et pareillement conscient de là où elles peuvent le mieux être appliquées, pour quoi, à qui et quand, Il choisit et accepte ton rôle pour toi. » (L-pl. 154.2 :2). Et en te servant de ces forces, tu deviens « un sauveur pour les saints frères particulièrement confiés à [tes] soins » (T-31.VII.8:3). Ainsi, dans le texte du Cours, c'est bien la voix de Jésus et non pas celle de ta particularité qui te dit que tu as un rôle important et divinement choisi : « Je te rends Son plan parfaitement explicite; je te dirai aussi quel y est ton rôle et quelle urgence il y a à le remplir. » (T-5.VII.4:4).

35. Le miracle n'est qu'une modification de notre perception. Il ne s'agit pas d'un changement au niveau du monde et encore moins de quelque chose que moi, j'effectue dans le monde.

En relisant les cinquante principes des miracles, on voit qu'il est clairement indiqué que les miracles sont quelque chose de guérissant qui passe du travailleur en miracles à un receveur de miracles. Ce qui est transmis c'est de l'amour, car les miracles sont des « expressions d'amour », terme qui est utilisé cinq fois dans les premiers chapitres du Cours. Voilà le sens principal du mot « miracle » dans le Cours : une expression d'amour par laquelle nous effectuons une modification de la perception chez autrui. Le miracle en tant que changement de notre propre perception est aussi une définition importante de ce mot dans le Cours, surtout dans le Livre d'exercices, mais ce n'en est pas la définition principale.

36. Le pardon n'a rien à faire avec l'autre. Je ne pardonne pas pour eux, je ne le fait que pour moi.

Le pardon dans le Cours est fondamentalement interpersonnel. C'est en relâchant ta rancœur que tu libère l'autre de son fardeau de culpabilité : « Aide-le à soulever le lourd fardeau du péché que tu lui avais imposé et qu'il avait accepté pour sien » (T-19.IV.D.16:5). Le pardon est alors l'élan vers la libération et de moi-même et de celui ou celle qui semble m'attaquer.

37. Le Cours ne nous dit jamais d'être honnêtes dans ce monde. Comment est-ce que cela pourrait avoir de l'importance alors que le monde entier est un mensonge ?

Dans la section qui traite de l'honnêteté en tant que caractéristique des enseignants pour Dieu (M-4.II), Jésus présente un genre d'honnêteté absolue, une intégrité parfaite, où nos pensées, nos actes et nos paroles sont sans exception conformes les uns aux autres. Ce qui veut dire que chaque mot prononcé reflète honnêtement notre pensée, nos actes et toutes nos autres paroles et que nous gardons toujours notre parole et même que chacune de nos pensées reflète honnêtement toutes nos autres pensées. On ne peut vraiment pas dire qu'il nous dispense d'une honnêteté ordinaire. Au contraire, il nous appelle à une honnêteté parfaite.

38. Tout est parfait. Chaque pensée est parfaite. Chaque sentiment est parfait. Si je pense que quelqu'un a fait une erreur, je suis en train de juger. Tout est bon. Hitler ne faisait que remplir sa fonction parfaite.

Il est vrai que le Saint Esprit peut tout utiliser à Ses fins. Même nous erreurs peuvent être converties par Lui en occasions d'apprentissage. Il est cependant vrai que nous faisons des erreurs, des erreurs qui à la base sont des intentions de faire mal (« Nul n'attaque sans intention de blesser.» – (L-pl. 170.1:1). En plus, le Saint Esprit n'attribue que des fonctions qui bénéficient à tout le monde. Ce qu'a fait Hitler fut clairement plutôt un rejet de ce qui a pu être sa vraie fonction.

39. Il n'y a que l'ego qui cherche à avoir raison et seul l'ego dit que quelque chose est faux. À la place de chercher à avoir raison, nous devrions simplement être heureux.

Lorsque le Cours pose la question « Préfères-tu avoir raison ou être heureux? » (T-29.VII.1:9), ce qu'il veut dire c'est : As- tu envie de croire que ton point de vue actuel (plus précisément, ton idée que chercher en dehors de toi peut te rendre heureux) est juste ? Plus loin le Cours appelle cette attitude-là « le but d'avoir raison quand tu fais erreur. » (T-30.I.11:6). En d'autres termes, est-ce que tu préfères te donner raison même que tu as tort et que ton erreur te coûte ton bonheur ? Ton travail, exprimé autrement, n'est pas d'arrêter de te préoccuper d'avoir raison, mais plutôt de lâcher ta croyance de l'ego qui dit qu'actuellement tu as raison, ceci afin de changer d'avis pour à la fois devenir heureux et avoir raison.

40. Je ne devrais pas mettre l'étiquette de « faux » sur des choix que j'ai faits, car ce ne serait que l'ego qui se dénigre. Quand j'ai fait ces choix, je faisais de mon mieux et tout était juste en ce temps-là.

Le Cours demande une « une ré-estimation de tout ce que tu chéris » (T-13.IX.4:1). Cela « requiert le désir de remettre en question chaque valeur que tu as. » (T-24.In.2:1). Comment est-ce que ce serait possible d'entreprendre cette évaluation complète de nos valeurs sans mettre en question nos choix? En effet, nous avons besoin de développer une capacité sans bornes de reconnaître nos erreurs. « Reconnais seulement que tu as fait erreur et tous les effets de tes erreurs disparaîtront. » (T-21.II.2 :7). Comme nous l'indique le Cours, ce n'est pas que nous ayons péché, c'est que nous nous sommes « fort trompé » (T-10.V.6 :1).

41. C'est focaliser mon attention dans une fausse direction que de regarder les effets sur d'autres de mes gestes dans le monde, car le Cours dit clairement que mes erreurs et mes « péchés » n'ont pas d'effet.

D'un bout à l'autre du Cours, il nous est dit que l'effet de nos actions sur autrui nous sert d'indication très utile de la source dans la pensée – soit l'ego, soit le Saint Esprit – de ces mêmes actions. « Et tu reconnaîtras lequel tu as choisi à leurs réactions.» (T-15.II.4:6). Nos erreurs et nos « péchés » n'ont aucun effet sur l'éternité, mais ont beaucoup d'effet dans ce monde. « Tu n'es pas non coupable dans le temps mais dans l'éternité. Tu as « péché » dans le passé, mais il n'y a pas de passé. » (T-13.I.3:2-3).

42. Je ne suis pas appelé à dépenser mes forces à examiner mon ego, car ce serait là une focalisation négative qui ne ferait que renforcer l'ego. Mon besoin est de m'éveiller du rêve de l'ego et non pas de me vautrer dedans.

Bien sûr que nous ne voulons pas nous vautrer dans l'ego, mais nous avons néanmoins besoin de l'examiner. Le Cours voit l'ego comme étant en grande partie caché dans l'inconscient d'où il nous domine aussi longtemps qu'il reste caché. C'est parce que nous le croyons réel que nous le cachons et donc pour la même raison nous devons « sors-la en pleine lumière.

Là tu verras qu'il reposait sur l'insignifiance, et que tout ce dont tu avais peur n'était basé sur rien. » (T.11.In.3:9-10). Voilà pourquoi tant de leçons dans le Livre d'exercices vous enjoignent à « rechercher dans notre esprit » (onze références) pour chercher les pensées de l'ego. Voilà aussi pourquoi « il est tellement crucial que tu regardes ta haine afin d'en prendre la pleine mesure.» (T-13.III.1:1). Ce n'est qu'en amenant l'ego à la lumière que nous arrivons à voir qu'il n'est rien.

43. L'élément le plus important dans toute action c'est la qualité de ma conscience pendant le geste. L'effet de mon geste dans la forme n'est pas ce qui nous intéresse.

Alors qu'une bonne qualité de conscience pendant l'action est évidemment importante, l'effet de nos actions sur autrui est en réalité ce qui nous intéresse le plus. D'après le Cours, c'est en sauvant nos sauveurs que nous sommes sauvés. En d'autres termes, ce qui nous sauve c'est d'avoir un effet guérisseur sur d'autres. Un exemple de la vie de Helen qui nous démontre bien cette idée c'est là où Jésus a complimenté Helen d'avoir réécrit un rapport pour une amie. Il a dit qu'en cela Helen « effectuait un miracle » pour l'amie, pour elle-même, pour l'organisation concernée et pour Jésus, alors même que Helen trouva l'exercice « éprouvant », « parce que tu avais du ressentiment contre le péché d'Esther (d'avoir mal écrit le rapport) et trouvais qu'elle t'avait mise injustement dans ce rôle », dit-il. Ainsi, malgré qu'elle se sentait éprouvée et rancuneuse, par son effet il s'agissait toujours d'un miracle.

44. Rien n'est plus important que d'être dans le moment présent. Comme dit le Cours, « Un esprit guéri ne fait pas de plans.»

Quand le Cours parle d'être dans le moment présent, il s'agit avant tout d'être libéré des regrets du passé et des peurs du futur afin d'entrer ainsi dans un instant saint. Il ne s'agit pas d'être en contact avec le présent sensoriel. Notre désire n'est pas d'utiliser le moment présent pour fuir la vie ou pour fuir nos responsabilités envers les autres. En effet, il est possible de rester dans le présent tout en faisant des projets. S'il est vrai que « Un esprit guéri ne fait pas de plans», il est aussi important de lire la phrase qui suit celle-là : « Il (l'esprit guéri) exécute les plans qu'il reçoit en écoutant une sagesse qui n'est pas la sienne. » (L-pl. 135.11:2). Il ne fait pas de plans, mais il reçoit des plans.

45. Un état spirituel est le signe de l'avancement spirituel d'une personne. Ce sont les expériences hautement spirituelles de cette personne qui nous informent sur sa spiritualité.

Nos états spirituels ont une grande valeur en tant qu'outil dans notre développement spirituel. Cependant, selon le Cours, les vrais signes de développement spirituel sont les traits de caractère présentés sous la rubrique « Quelles sont les caractéristiques des enseignants de Dieu ?»(M-4): confiance, honnêteté, tolérance, douceur, joie, non-défense, générosité, patience, foi, ouverture d'esprit. Il est malheureusement assez courant qu'une seule et même personne connaisse des états hautement spirituels tout en ayant des traits de caractère pas trop élevés.

46. La raison pour laquelle je suis le Cours c'est de trouver la paix intérieure, c'est-à-dire d'échanger mon état intérieur plein de jugement et de dépression contre un état intérieur de paix et de bonheur.

Il est vrai que le Cours affirme que son but est la paix. Mais ce n'est pas le seul terme employé pour décrire son but. Il parle aussi de perception vraie, de pardon, de bonheur et de sainteté. En se focalisant trop sur la paix, on court le risque de se focaliser trop sur soi en oubliant de s'intéresser au bien-être des autres puisque leurs problèmes entravent notre paix. Nous sommes appelés plutôt à joindre à notre paix intérieure une vie extérieure d'aide à autrui en donnant des miracles.

47. En étudiant le Cours, on ne doit pas insister sur les mots. Les mots, comme le dit le Cours, ne sont que des symboles d'autres symboles.

Le Cours n'est rien d'autre qu'un très long alignement de mots. Il enseigne sous forme de mots. La plupart des exercices comprennent une répétition en silence de mots. Il est peut-être vrai que le Cours dit que « les mots ne sont que des symboles de symboles » (M-21.1:9), mais il dit aussi que « les paroles que nous utilisons sont puissantes » (L-pl. 162.4:2), et que le Saint Esprit est capable d'élever les mots « de symboles in-signifiants à l'Appel du Ciel même » (M-21.5:9). C'est parce qu'ils sont porteur de sens que les mots ont un tel potentiel de transformation. Et c'est le sens que nous donnons aux mots qui va déterminer nos émotions.

48. Notre intellect est une expression de l'ego. Le problème c'est l'esprit et la solution c'est le cœur, car le cœur est d'essence pure et spirituelle.

Le Cours voit en la logique et la raison de puissants outils pour persuader l'esprit de renoncer à l'ego et choisir Dieu. En effet, il affirme que la raison par sa nature même transcende l'ego: « Il n'y a pas de raison dans l'insanité, car elle dépend entièrement de l'absence de raison. L'ego ne l'utilise jamais, parce qu'il ne se rend pas compte qu'elle existe.» (T-21.V.8:6-7). Si le message du Cours est tellement centré sur la pensée, c'est parce qu'il considère que c'est la pensée qui détermine nos sentiments. Voilà pourquoi il ne présente jamais le cœur et l'esprit comme étant en juxtaposition, mais plutôt comme avançant ensemble, que ce soit pour le bien (« Mon cœur est tranquille et mon esprit est au repos.» – L-pII.286.1:8) ou le mal («son esprit dérouté et son cœur effrayé» – L-pII.334.2:3).

49. Ce qui compte, en réalité, c'est l'expérience. Voilà pourquoi les sentiments sont si importants. Les mots, les pensées et les croyances sont des résumés abstraits de l'expérience, ce qui explique pourquoi ils nous encombrent.

Le Cours accorde une grande valeur à l'expérience, mais jamais il ne dénigre les choses de l'esprit. Sans être des expériences directes, les mots, les pensées et les croyances peuvent néanmoins servir de représentations vitales de la vérité que nous expérimenterons en directe. Ils sont souvent à la base de réflexions nécessaires et qui peuvent nous amener à une expérience directe telle que bien des personnes ont connue en faisant les leçons du Livre d'Exercises, leçons qui comportent beaucoup de répétition de mots. Les sentiments ne sont jamais en eux-mêmes portées aux nues par le Cours, mais plutôt considérés comme étant de deux sortes: sentiments de l'ego et donc dépourvus de sens, tels que la colère, la culpabilité, la peur, l'inquiétude ou la dépression, et sentiments provenant de Dieu et donc vrais, tels que l'amour, la paix et la joie. Notre expérience de l'un ou l'autre type est une conséquence des pensées auxquelles nous avons choisi d'adhérer.

50. Les enfants et les animaux vivent plus près du pur esprit que nous parce qu'ils vivent dans le moment présent et dans l'expérience directe. Au fond, tout être qui a l'intellect moins développé est plus spirituel.

Le Cours ne chante les louanges ni des enfants, ni des animaux. Il se réfère aux enfants en tant que symboles, puisque leur ego, leur manque de compréhension et leur besoin d'aide et de direction sont plus apparents que chez l'adulte. Il se réfère peu aux animaux, mais quand il le fait il dépeint les animaux comme connaissant des émotions humaines, telles que l'amour pour leurs petits, la colère et la rage, et non pas comme des êtres quelque part libérés de ces sentiments qui font partie de l'ego. En d'autres termes, les animaux ont aussi un ego.

Traduction par Joan Bachmann. Toutes les citations de "Un cours en Miracles viennent de l'édition française, (C) Foundation for Inner Peace, P.O. Box 598, Mill Valley, CA 94942-0598, www.acim.org et info@acim.org."